Les charges particulièrement marquantes chez les microentrepreneurs du bâtiment
Achats de matériaux et fournitures
Les matériaux représentent souvent la première dépense après les prélèvements sociaux. Contrairement aux sociétés ou aux entreprises individuelles soumises au régime réel, les microentrepreneurs ne déduisent pas le coût réel de leurs achats de matériaux : ils paient des charges sociales et fiscales sur leur chiffre d’affaires global, récolté “toutes taxes comprises”, y compris la part dédiée à ces achats.
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Pourcentage du chiffre d’affaires : Dans le bâtiment, la part des achats de matériaux représente couramment entre 20 et 40 % du chiffre d'affaires selon le type d'activité (plomberie, maçonnerie, électricité, etc.) et le profil de clientèle (source : Fédération Française du Bâtiment, estimations 2023).
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Conséquence : Le modèle forfaitaire du microentrepreneur pénalise particulièrement ceux qui réalisent beaucoup d’achats pour leurs chantiers.
Situation concrète : Un électricien microentrepreneur facture par exemple 50 000 € sur l’année. Si 15 000 € concernent l’achat de fournitures, il sera tout de même imposé socialement et fiscalement sur 50 000 €, sans tenir compte de cette charge.
Assurances professionnelles spécifiques au bâtiment
Dans le bâtiment, deux assurances sont obligatoires quelle que soit la forme juridique retenue :
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Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) : Couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de l’activité. Budget : entre 150 et 500 € par an pour les indépendants.
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Garantie Décennale : Obligatoire dès lors que l'on intervient sur des ouvrages de construction ou de rénovation structurelle, pour garantir pendant 10 ans la solidité et la conformité de l’ouvrage. Coût moyen : 800 à 2 000 € par an, selon activité/sinistralité (sources : Le Moniteur, MMA Pro).
À cela peuvent s’ajouter des options complémentaires : garantie biennale, assurance véhicules utilitaires, etc. Le non-respect de ces obligations expose à de lourdes sanctions (jusqu’à 75 000 € d’amende et interdiction d’exercer – art L243-3 Code des assurances).
Frais de déplacement, outillage et équipements
Le bâtiment impose des déplacements quotidiens sur les chantiers et l’usage d’outils parfois coûteux.
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Véhicule utilitaire : entretien, carburant, assurance : souvent entre 2 000 et 4 000 € par an pour un véhicule d’occasion, hors amortissement.
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Outillage : Achat ou renouvellement d’outils électroportatifs (perceuses, scies, etc.), équipements de sécurité (EPI), consommables : selon l’activité, un budget allant de 500 à 2 000 € annuels est fréquent.
Ces dépenses, souvent sous-estimées, ne sont pas “déduites” fiscalement en microentreprise, ce qui peut être piégeux lors d’investissements importants ou d’intensification de l’activité.